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Risques juridiques: La barrière et l’ambulance

25 février 2020. Publié par

Pour les juristes d’entreprise la question de l’identification et de la gestion des risques juridiques dans le monde de l’entreprise est une question quotidienne. « L’appétit » pour accepter ou éviter un risque juridique dépend d’un grand nombre de facteurs, notamment les facteurs humains et commerciaux. L’apprentissage de la gestion de risques juridiques une des compétences clef que le juriste d’entreprise doit développer tout au long de sa carrière.

Quand la fonction juridique informe le « business » de l’existence d’un risque juridique, on ressent généralement une petite crispation. Quelle est la nature du risque? Quelles sont les conséquences prévisibles si le risque se matérialise? Quelles sont les conséquences financières? Y a t’il des conséquences au niveau de l’image, de la réputation de la société, etc. ?  Disons-le franchement, la prise d’un risque juridique n’est pas aussi facilement acceptée que la prise d’un risque commercial.

On attend du juriste qu’il mette « une barrière en haut de la falaise et qu’il prévoie une ambulance en bas de la falaise ». Autrement dit, il faut limiter les situations qui créent ou comportent un risque et être en mesure de (très) rapidement gérer et remédier à sa survenance. Il faut éteindre les feux sans désagrément pour la continuation des opérations et/ou la réputation de l’entreprise. Pas toujours si facile…

Fair enough ! C’est pour ça que nous avons été formés en droit et aussi pour cela que les entreprises ont besoin de juristes.

L’un des élément clef à prendre en compte lors de l’identification et la prise d’un risque juridique est la relation « risk vs. reward ». Engager une conversation sur cette équation avec les responsables opérationnels est un excellent point de départ. Le risque vaut-il vraiment la peine d’être pris? Cette relation entre les bénéfices et les conséquences prévisibles au cas où le risque se matérialise permet généralement d’améliorer la qualité de la prise de décision et l’alignement en interne sur le niveau de risque acceptable pour l’entreprise. Selon l’expérience personnelle de l’auteur de ce « Post », la prise de risque éclairée est toujours porteuse d’enseignements positifs. Ce n’est pas le cas de l’aversion de principe aux risques juridiques.

Être juristes d’entreprise en 2020, c’est s’adapter à la vitesse et aux incroyables changements du monde qui nous entoure. Le pragmatisme et la capacité d’embrasser un environnement à haut risque est inévitable. Il ‘s’agit en fait d’une réelle opportunité pour le juriste d’entreprise qui lui permet de s’affirmer en tant qu’acteur de cette évolution.